Attention! Certains facteurs peuvent aggraver la maladie COVID 19 en Haïti

 Attention! Certains facteurs peuvent aggraver la maladie COVID 19 en Haïti

Nombreuses sont les épidémies qui ont des répercussions dévastatrices sur la santé humaine et sur l’économie mondiale en général. L’apparition en 1817 et 1961 du choléra (WHO, 2017) ; de la grippe espagnole dont le virus responsable est le A(H1N1) en 1918 (OMS, 2017 ; SPF, 2019) et de la grippe asiatique, de 1957, liée au virus A (H2N2) (SPF, 2019) ; le Sida en 1981 (ONUSIDA/OMS, 2005) et le SRAS en 2002 (OMS, 2003 ; Chen, Y., 2003), en sont des exemples visibles, flagrants et expressifs. Aujourd’hui encore, les instances sanitaires ne sont pas à l’abri de ces phénomènes inévitablement énigmatiques, apocalyptiques et terrifiants.  

En Haïti, juste avant la crise de la pandémie du Coronavirus (COVID-19), tous les indicateurs étaient au rouge et de nombreux observateurs se demandaient comment la nation allait faire face à une menace aussi importante à un moment où le pays traverse une situation socio-économique et politique à bout de souffle. Analyser la gestion de la pandémie du nouveau coronavirus (COVID-19) en Haïti dans une atmosphère de bouleversements sociopolitiques, conjugués à la situation de crise économique majeure et d’insécurité  est sans conteste l des éléments les plus complexes vu le misérabilisme du peuple haïtien.

Attention! Certains facteurs peuvent aggraver la maladie COVID 19 en Haïti

L’insécurité

Le misérabilisme de la société haïtienne et les faiblesses structurelles et institutionnelles ont eu des conséquences préjudiciables au fonctionnement du pays. Une situation qui entraîne le chaos et l’insécurité généralisée au point d’inquiéter toutes les instances des droits humains. Le fonctionnement de plusieurs centres hospitaliers situés dans des zones de non-droit est aujourd’hui affecté par l’insécurité grandissante dans le pays. Médecins sans frontières, cible d’attaques armées le samedi 26 juin 2021, l’hôpital Saint-Luc et Saint-Damien, en difficulté à cause des problèmes de carburant (à cause de l’impossibilité de traverser Martissant), les centres hospitaliers de Delmas 2 et de Mirebalais, qui reçoivent les personnes atteintes de Covid-19, sont tous affectés par le climat délétère du pays.

La violence sous toutes ses formes représente un problème important pour la santé. Elle exerce des effets négatifs sur le plan psychologique, en plus qu’elle atteint l’intégrité physique des individus et de la collectivité.

 Les Haïtiens et les Haïtiennes acceptent la violence sans réaliser qu’ils en sont les victimes ou les acteurs. La violence est banalisée, on se soucie peu de son impact sur la santé voire sur la vie.1

Selon l’OMS, les recherches scientifiques font systématiquement ressortir que plus la violence est grave, plus son impact sur la santé physique et mentale est profond.

Donc, compte tenu de la gravité du climat de violence qui sévit en Haïti, Il est URGENT que les autorités prennent leurs responsabilités pour faire de notre pays,un pays pacifique où il fait bon de vivre.2

Inflation

Depuis l’année 2019 jusqu’avant même la pandémie du coronavirus en Haïti en mars 2020, l’économie a connu une croissance négative de 0,9% en 2019 contre 1,5% en 2018 selon la Banque Mondiale citée par le Nouvelliste (2020a), une crise d’échange avec une inflation de 20,3% (Le Nouvelliste, 2020b). De son côté, la Banque mondiale (2020) annonce que les envois de fonds des migrants vers leurs pays d’origine connaîtront une chute considérable. Selon le PAM (2019), 57,8% des ménages haïtiens sont dans l’insécurité alimentaire et selon un rapport de la FAO (2019) cité par Le Nouvelliste (2019b), Haïti est en tête de liste des pays de la région caribéenne ayant une situation d’insécurité alimentaire. Face à autant de craintes, d’incertitudes et d’inquiétudes, la situation reste instable et beaucoup plus fragile par rapport à l’évolution de la pandémie du coronavirus.

Publiée en juillet 2012, l’actuelle Politique Nationale de Santé d’Haïti constitue un cadre stratégique général conçu pour orienter la réponse du pays à la problématique sanitaire à travers les composantes de l’État et de la société civile.

Cette politique a le mérite de parler des déterminants socio-économiques de la santé et a comme vision “un accès équitable aux services de la santé”.

Dans un pays comme Haïti oú l’inégalité règne en maître, opter pour l’équité dans l’offre sanitaire, est une bonne chose.3

Cependant, la politique a été adoptée sans que des efforts sérieux n’ont été déployés pour évaluer les moyens financiers requis pour sa mise en oeuvre.4

Donc,étant donné que l’ Etat ne tient pas compte des ressources et des capacités financières nécessaires pour la  mise en œuvre de cette Politique Nationale de Santé, fait de ce document, une véritable supercherie.

Fausse information

Globalement, il apparaît aujourd’hui que les médias sociaux, les pourvoyeurs d’information qui participent à la diffusion et la circulation des informations contribuent fortement aujourd’hui à une amélioration de la gestion des crises. Ils aident à la possibilité de travailler à distance, d’informer en temps réel et permettre à la population d’accéder aux informations rapidement sur les zones les plus infectées. Cependant, ils sont aussi sources d’informations toxiques, de désinformations et de fake news.( Exemple: Le vaccin contre la COVID 19 est le BCG)

Atomédication

Certaine patientèle réclamait un médicament (Ivermectine) afin de combattre la COVID19. Ce dernier est actif contre certains vers tropicaux et contre le sarcopte de la gale, utilisé aussi dans le traitement de l’anguillulose gastro-intestinale, de la filariose lymphatique , constate à regret le pharmacien CARISTIL Bechny. L’OMS déconseille d’utiliser l’ivermectine pour traiter la COVID-19 en dehors des essais cliniques.

Des précautions particulières sont nécessaires chez les personnes immunodéprimées et dans le traitement de certains vers tropicaux . Des effets indésirables (somnolence, étourdissement, vertiges, tremblements) pouvant affecter la conduite automobile ou le maniement de machines , signale le pharmacien CARISTIL Becheny.

En plus du problème d’insécurité ,les ménages les plus vulnérables sont de plus en plus exposés par les mesures restrictives. En attente d’un appui d’accompagnement dérisoire, ils préfèrent mourir de la COVID-19 que de la famine. Ce qui implique automatiquement la violation de certains points des mesures préventives. Cependant, il faut toutefois constater aussi que le montant et le nombre de ménages visés ont été insignifiants par rapport aux 4,6 millions de personnes en attente d’une assistance alimentaire dans le pays. Les incohérences répétées du cadre institutionnel et juridique entourant les mesures préventives et le manque d’information, de communication et de transparence sur la gestion des fonds de la COVID-19 alimentent dans une certaine mesure la perception des gens à des soupçons de corruption.

Source:

1-2: Capsule de pensée, Pierre Hugues SAINT JEAN, Pharm/MPH,07 Juin 2021

3-4: Capsule de pensée, Pierre Hugues SAINT JEAN, Pharm/MPH, 14 Juin 2021

  • HAITI FACE À LA GESTION DE LA PANDÉMIE DU CORONAVIRUS (COVID-19) CONTRAINTES, STRATÉGIES ET CONSÉQUENCES, Etienne Wilter,2020
  • Interview avec Le pharmacien CARISTIL Becheny

Lydolph BAUZIL

2 Comments

  • Bon travail Allopharma
    Bonne continuité.

    • Merci le pharmacien

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